"Jeudi : Cela fait trois jours que la moto est chez notre ami Alexandre
Arnac pour se remettre de la chute de Lionel à Ledenon.
C'est que la belle en a pris une jolie, allant jusqu'à usiner
la clé de contact. Notre plus grande inquiétude
allait vers une pièce, le Ram Air, que l'on ne pouvait
avoir à temps et qui compromettait notre participation
ce W-E. Option de la dernière chance, je fabrique dans
la nuit un Ram Air en résine, on verra...
Vendredi : Le temps est maussade mais on s'en fiche pas mal
: on ne sait pas si la moto pourra être prête pour
la course. Notre mécano P'tit Mino fait des miracles et
fixera le fameux Ram Air, pièce qui sert de support au
compteur, à l'araignée et au carénage.
Il ne nous reste plus que 30 min, 15 chacun, pour vérifier
si la machine est saine, pour rôder les plaquettes de frein
et découvrir Carole avec un 600. Une fois encore, mon
coéquipier va m'épater en freinant plus tard que
tout le monde et en roulant d'office en 1'10 avec un pneu arrière
déchiré. Je prends ensuite le guidon pour finir
le pneu qui n'en peut plus du tout. Ca glissouille sévère.
Samedi : Lionel prend la piste tôt pour les premiers essais
qualificatifs et revient avec un modeste 1'09'5, un chrono qui
n'est pas à la hauteur de son niveau. Lionel a peur de
tomber et ne veut pas se faire mal avant la course du Mans la
semaine suivante, où il joue la gagne en 125 et 250.
De mon côté, je commence à enfin me lâcher
au guidon et je m'amuse. J'attaque de plus en plus jusqu'aux
limites du raisonnable : a la fin de mes essais, je tente un
tour lancé pour montrer aux autres qu'il faudra compter
avec moi pour la course. Je rentre dans la parabolique très
fort, troisième, quatrième, la botte frotte encore
sur le bitume, j'ai la poignée ouverte en grand, tellement
grand que mon pneu arrière se dérobe méchamment
(pas la petite glissouille !). Je garde les gaz à fond
et la moto se rétabli en me gratifiant d'un beau guidonnage.
Je rentre vite aux stands, blanc comme un linge.
Mon meilleur chrono sera un 1'09'1. Pour la première fois
depuis le début du championnat, je roule plus vite que
Lionel. Même si je sais très bien qu'il n'est pas
dans un bon jour et qu'il peux faire beaucoup mieux, ça
fait plaisir.
Dimanche : La météo est incertaine mais Lionel
est serein avant de prendre le départ de la 30ème
place, départ qui sera en ligne pour cette course (NDLR
: finale B).
Feu vert, Lionel s'élance bien mais le poleman fait
un soleil avec son R1 et fait chuter mon coéquipier qui
arrivait derrière. Drapeau rouge. Lionel n'a rien et le
Team s'active autour de la moto pour la remettre en état
avant le second départ qui va vite être donné.
Cette fois, c'est bel et bien parti, et notre moto # 96 va entamer
une remontée phénoménale.
Tout juste 10 minutes après le départ, il commence à pleuvoir.
Lionel a de l'expérience et parvient même à descendre
ses chronos de qualifs, ce qui permet de remonter au classement.
La pluie est plus soutenue, et avec nos pneus slicks, il ne faut
pas insister. Premier ravitaillement, Lionel me dit que c'est
de la petite pluie, ça tient comme sur du sec. J'attaque,
mais pas aussi fort que la veille. Ce gras/mouillé ne
me rassure pas vraiment. J'essaie de me refaire au freinage mais
très vite, mes bras se tétanisent et je passe mon
relais à Lionel en avance. Il roulera vite et bien. A
35 minutes de l'arrivé, Lionel me passe le guidon. Nous
sommes 2ème en 600, avec beaucoup d'avance sur nos poursuivants.
Je n'ai juste qu'à rouler, j'ai le sourire aux lèvres
et les massages de Mistigrette et de Clément m'ont décrispé.
Chaque virage nous rapproche de ce podium tant attendu.
Malheureusement, le destin ne l'entend pas de cette oreille.
Alors que je roulais tranquillement dans le rythme des autres
sous la petite pluie, une grosse averse inonde la parabolique
et je perds l'avant à cet endroit peu après. Je
cours vers la moto pour repartir. Les commissaires m'arrachent
juste avant mon bas de carénage et me laisse rejoindre
la piste. Je rentre aux stands en espérant pouvoir repartir
finir la course et peut-être finir sur le podium mais on
m'empêche de repartir car je n'ai pas... mon bas de carénage.
Je suis effondré, j'ai ruiné les espoirs du team
en chutant juste avant la fin mais je dois dire que mis à part
la tragédie finale, beaucoup de positif émanait
de ce W-E. Le chemin du podium se rapproche, nous n'avons que
17 et 20 ans et on est prêt à jouer avec les grands.
Lionel devrait déjà rouler au Bol d'Or dans un
Team important. De mon côté, je suis toujours à la
recherche d'un guidon pour cette épreuve, même en
remplaçant. Pour me contacter : xav.balner@noos.fr
Pour cette épreuve à domicile, beaucoup de gens
s'étaient déplacés, merci à tous.
Merci à Lionel, Alexandre, P'tit Mino, Alain, Thierry,
Fabrice, Olivier (des protections Carbone/Kevlar Mc Bob 0672781490),
Clément, Mistigrette, Vince, à mon cordonnier...
la liste est longue."
Xavier Balner |