"Vendredi
: Le temps est au beau fixe, et les essais se passent bien.
Lionel, du haut de ses 17 ans, apprend (très) vite le 600.
Pour ma part, après une jolie série de gamelles à gauche à Carole,
je reprends (lentement) confiance en la moto.
Samedi : Après un petit problème de liquide de
refroidissement, je m'élance à 9h pour mes premiers
essais.
Autant je me débrouille pas trop mal dans les courbes à droites,
autant je suis à l'arrêt quand ça tourne à gauche.
Pas de chance, Ledenon, ca tourne à gauche. 1'39, je ne
suis pas dans le rythme, il va falloir se cracher dans les poignes
l'après midi.
Pour Lionel, la séance du matin est une formalité :
1'34 tranquille.
A midi, on décide de se dépêcher pour monter
des pneus neufs. Après avoir attendu que les monteurs
reviennent de leur pause, on revient au box. Il est 14h, Valerian
commence à monter les pneus quand on s'aperçoit
que c'est ma série qui roule : Les horaires ont été changés,
je n'étais pas au courant !
Les roues seront montées en un temps record et c'est très énervé que
je prends la piste.
Les pendules baissent (1'38'01), mais je suis toujours très
loin. AAAAaaaaaarrrrrgggg !!!
Lionel, en plus d'être super sympa, est extraordinairement
rapide. Il fera le 4ème temps de sa série et le
2ème temps 600 des essais qualifs avec un 1'32'8.
Au cumul des temps, nous partirons de la 5ème place sur
la grille de la finale B demain.
Dimanche : D-Day, on est grave motivé pour jouer devant.
Je prends un départ moyen, mais très vite, je me
tétanise sur la moto et je me fais passer par la joyeuse
troupe de furieux qui me suivait. Mes jambes sont bloqués,
je peine à descendre sous mes chronos de qualif. Après
tout ce que j'ai fait pour m'entraîner, c'est un coup dur
au moral, les motos me passant les unes après les autres.
A la fin de mon relais, Lionel prend la moto et part à l'attaque.
Il roule en 1'34, comme ça, sans forcer.
A mon second relais, je me retrouve coincé entre ma tête
motivée qui enrage de ne pas rouler plus vite et mon corps
tout tétanisé qui dit Stop. Le relais se passe.
Lionel prend son dernier relais et reprend son rythme mais en
dépassant un attardé (bon, OK, l'attardé était
2ème de la course), les deux s'accrochent et chutent violemment
au virage du pont.
Je n'ai pas vu la chute, je ne vois pas Lionel, l'attente est
longue et pénible. Après un quart d'heure, je le
retrouve à l'infirmerie, avec une main qui gonfle à vue
d'oeil. On prie pour qu'elle ne soit pas cassée, vu qu'il
passe le Bac jeudi et vendredi et qu'il joue le titre 125 et
250 en Promo le samedi et dimanche.
Alain Gomez amène la moto, elle a une sale tête.
Je suis l'ambulance de Lionel qui l'amène à la
polyclinique. Après plus de 4h d'attente, les radios confirment
que sa main n'a rien.
Bonne nouvelle. Le voyage du retour se fera dans la nuit, la
déception laissant place à la fatigue.
Malgré tout, il ressort beaucoup de positif de ce WE,
et on a des ambitions à la hausse pour la prochaine manche à Carole.
De mon coté, je me donne un mois pour retrouver mon rythme
et pouvoir être à la hauteur de mon équipier.
Attendre sa chance est vain, la tenter ne suffit pas, il faut
la forcer.
Ces prochaines semaines vont me permettrent de me consacrer encore
plus à ce pourquoi je cours à moto : pour gagner.
Tout au long de ce WE, de nombreuses personnes nous ont aidés,
soutenus, encouragés et je tiens à les remercier
du fond du coeur de nous aider à avancer dans ce monde
de la compétition moto.
Merci à Valerian, SpeedYann, Christelle, Régis,
Alain, Tataille, Jimmy, MarsuSeb, Cedric, Mistigrette, aux Teams
des motos #100, #71, #70, #79, #6, #110 et à ceux que
j'ai oubliés mais qui se reconnaitront
Merci aussi aux sponsors, sans qui nous ne serions pas grand
chose : Pirelli, Nolan, Oxtar, 3M, Protections McBob, le cordonnier
rue Michel Ange à Paris"
Xavier Balner
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