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HEURES DU MANS
21/04-22/04 (suite)
Pendant
mes premiers tours, j'avais plutôt l'impression que
c'était la moto qui me maîtrisait puis je
me suis progressivement habitué.
Nous arrivons au Mans Mardi en début d’après-midi
avec Sébastien Prulhière, mon coéquipier,
et je fais la connaissance de Josetxo Sainz, notre pilote
espagnol qui fait le Championnat de France Superbike en
plus de la Formula Extreme espagnole. L’équipe
technique est déjà en place et fignole les
motos. Je fais la connaissance d’Alain
Mébrouk qui sera notre préparateur physique et notre masseur.
Il règne une très bonne ambiance pour la
1ère endurance de ce nouveau team Action
Bike Racing.
Les essais
L’arrivée tardive des pièces fait
que nous n’avons effectué aucun essai. L’équipe
me fait rouler un peu plus que les autres pilotes pour
que je continue l’apprentissage de la 1000. En
parallèle, nous échangeons nos impressions
pour définir les réglages. Le modeste 1’45.6
que nous réalisons nous place en 35ème
position.
Les essais chronométrés
Je continue à valider les réglages et à m’habituer
aux pneus Michelin dont l’avant dispose d’un
grip excellent et l’arrière a une grosse
tendance à glisser. L’équipe me met
alors un pneu de vitesse et je réalise un honorable
1’43.9.
La 2ème séance se déroule à l’identique à l’exception
du pneu arrière. Il n’y a plus de pneu de
vitesse neuf. Je vais réutiliser celui de Sébastien avec lequel il a réalisé un bon 1’42.6.
Le temps d’effectuer mon tour de chauffe et c’est
le drapeau rouge. Il reste moins de 5 minutes pour améliorer.
Le dernier tour sera le bon avec un chrono de 1’43.4,
identique à celui de Josetxo, avec un pneu qui
commence à glisser. Je suis un peu frustré de
n’avoir pu rouler avec un pneu neuf. Je pense que
le 1’42 était à ma portée.
La course
Bien que je sois 3ème pilote, Stéphane
Gallis m’a placé en 2ème relais.
Sébastien effectue un excellent départ
et rentre 17ème. Je pars pour mon 1er relais un
peu crispé car je ne peux pas me permettre de
faire une erreur qui pénaliserait toute l'équipe.
Je préfère assurer en début de course
afin de gagner en confiance pour la suite. Je tourne
en 1’45 / 1'46. Quand j’arrive aux stands,
nous sommes, l’espace d’un instant, 17ème
au général et 3ème Superstock.
Josetxo prend alors le guidon après un changement
de pneus et plaquettes de frein (volontairement prématuré pour
mesurer l’usure en course). Après moins
d’un tour, la roue avant se bloque aux Esses Bleus
entraînant bac à sable et petite chute.
Josetxo ramène la moto ; réparation rapide
mais il repart 42ème. Commence alors une lente
remontée. Après un très bon relais
de Sébastien, C’est à mon tour. Je
suis plus détendu. Les consignes de Stéphane
sont claires : GAAZZZ !! Je vais tout de suite rouler
plus rapidement mais après une ½ heure,
je rentre car la moto surchauffe. Le problème
réglé, je repars ensuite pour un relais
complet. Je vais tourner en 1’45 régul avec
des incursions en 1’44. Je suis de plus en plus à l’aise
sur la moto. Josetxo effectue un relais correct après
moi puis Sébastien claque de supers chronos.
Quand
je reprends la moto, je suis tout de suite à l’aise
pour ce roulage de nuit qui sera mon plus rapide, 1’44
régul, tout en gardant une marge de sécurité nécessaire
en endurance. Quand je rentre aux stands pour céder
le guidon à Josetxo, je suis accueilli par les
applaudissements de l'équipe. Je suis plutôt
surpris mais ça fait toujours plaisir. Je suis
alors kidnappé par Alain Mébrouk, destination
massage et sommeil.
A 3 heures du matin, je suis réveillé brutalement. « Mets
ton équipement, on a un problème ».
Je me réveille (c’est dur...), enfile la
combinaison et arrive dans le box où je découvre
la mine déconfite de l’équipe et
de la moto. Je comprends immédiatement même
si je refuse de l’admettre : c’est fini...
Sébastien a chuté sur l’huile laissée
par un concurrent et les dommages sont très importants
: le bras oscillant est cassé, la fourche vrillée
et le moteur éclaté. Nous étions
remonté à la 27ème position.
C’est la fin prématurée d’une
fantastique aventure. En dépit de cette fin pour
le moins frustrante, cette semaine m’aura apporté de
nombreuses satisfactions: La très bonne ambiance
dans l’équipe; les 90 000 spectateurs (ça
change d’une course de Promosport)
; l’adaptation
au pilotage d’une 1000, et surtout la motivation
de rouler avec de très bons pilotes...: « C’est
quand la prochaine ? »
Merci à tous et rendez-vous à Carole les 26 et27
mai pour la 2ème épreuve des Coupes
de France promosport.
Lionel Braun
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